La carte postale

Dans les premiers jours du XXème siècle, il n’y avait pas de radio, pas de télévision. La photographie était du domaine du privilégié. Mais en revanche le public, déjà avide d’informations, avait à sa disposition de nombreux quotidiens et hebdomadaires. Ces journaux d’alors comptaient, pour la plupart d’entre eux, 4 pages. Ils utilisaient des caractères très petits pour insérer le maximum de nouvelles. L’illustration était résumée à sa plus simple expression : un dessin de temps en temps !

La carte postale prit alors le relais de la presse écrite, diffusant largement l’actualité visuelle. Elle devint le témoin incontournable de son temps. De nombreux éditeurs virent le jour, rapportant les évènements les plus récents. Puis tout fut prétexte à la réalisation d’une carte postale : une fête, une inauguration, un moyen de locomotion, la vie du village simple et sereine … On se précipitait pour acheter ces cartes afin de conserver le souvenir et l’image du village où l’on résidait, d’un évènement, ou pour l’envoyer à la famille, à des amis.

Les années passèrent. Après le 1er conflit mondial, l’utilisation progressive de la photographie dans la presse écrite rogna peu à peu le rôle de la carte postale. Se voyant dépouillée de son rôle de « média », elle se limita à reproduire de beaux paysages, des sites charmants et pittoresques, ne devenant plus que le support de messages que le public voulait faire passer à des parents, à des amis. Peu à peu, les cartes postales du début du XXème siècle allèrent vieillir dans des fonds de tiroirs, dans des malles.

Puis l’homme éprouva un besoin indicible de retrouver ses racines. Il se mit à nouveau à regarder ces fragiles cartes postales d’autrefois, tellement riches en renseignements sur la façon de vivre plusieurs décennies auparavant. Elles l’invitaient à remonter le temps, à comprendre l’évolution des mœurs, à mesurer les progrès accomplis. Elles redevenaient les témoins uniques de toute une époque irrémédiablement révolue.